
Maroquinerie Diot
Très peu d’enseignes familiales ont aujourd’hui le privilège de fêter leurs cent ans dans la même activité et sur le même lieu. C’est pourtant le cas de la famille Diot qui affiche fièrement cet anniversaire et le dédie à tous les acteurs qui ont écrit et continuent d’écrire cette belle histoire qui court sur quatre générations…
Première génération
Dans la famille Diot, je voudrais le grand-père et je pioche Émile !
Né à la fin du XIXe siècle, Émile était voué à une carrière dans l’enseignement puisque chez les Diot le métier d’instituteur est très valorisant. C’était sans compter sur ses capacités manuelles qu’il exploite en entreprenant un tour de France des Compagnons du Devoir et devient bourrelier-sellier. Il fabrique et répare des colliers d’attelage, des harnais, des mors, des selles et tout l’équipement du cheval – bien avant que ce dernier ne soit remplacé par les tracteurs – ainsi que des articles en cuir (ceintures, sacoches…).
A peine entré dans la vie active, il est mobilisé par cette satanée guerre où il subira les ravages du gaz moutarde qui écourteras drastiquement sa vie puisqu’il décède en 1949 à l’âge de 51 ans.
Avant cette tragédie, après la guerre, Émile épouse Annette originaire de Lérigneux dans la Loire, qu’il a rencontrée à Anse où elle habitait avec ses parents. Elle passait tous les matins devant l’atelier où travaillait Émile, pour aller au château où elle était cuisinière.
Un métier bien appris, une femme bien choisie, il ne reste plus à Émile qu’à s’établir, ce qu’il fait en 1926 quand le couple reprend un atelier de bourrellerie-sellerie sur la place Madeleine à Beaune, là où convergent au moins deux fois par semaine tous les paysans venus du Val de Saône pour s’approvisionner.
Émile est l’artisan : ses mains travaillent le cuir, réparent, fabriquent et entretiennent. Annette a une intuition. Elle imagine que les futures clients auront besoin d’articles de voyage et de maroquinerie. Elle installe alors quelques articles sur le devant de la boutique. Sans le savoir, elle vient de donner naissance à la Maroquinerie Diot Sellier. Le succès est immédiatement au rendez-vous et l’affaire est florissante.
Trois enfants naîtront de cette union : Marie-Claudette qui décèdera prématurément peu avant sa troisième année, puis Jean-François et René.
Deuxième génération
Le petit Jean-François que tout le monde appelle Jean s’intéressera très vite aux activités de son papa, tant et si bien qu’après une courte scolarisation et l’obtention du certificat d’études, il devient naturellement ouvrier en bourrellerie sellerie. Il aura tout juste 19 ans quand Émile décède. Grâce à son courage, à celui de sa mère Annette et à leur détermination commune, la maison continue de vivre. Quant à René, le cadet, il choisira une autre voie et s’installera à Lyon après des études de comptabilité.
Quelques années plus tard Jean épousera Marie-Thérèse, institutrice à l’école Jeanne d’Arc de Beaune, qui n’abandonnera pas pour autant son métier mais sera toujours présente, discrètement, pour soutenir son mari dans l’entreprise.
A la boutique c’est Annette et Colette, fidèle collaboratrice, qui reçoivent les clients.
Troisième génération
Très vite, Jean-Christophe arrive pour animer la vie du couple et “tournicoter“ dans les “pattes” de son papa jusqu’à attraper le virus et reprendre, au moment voulu, comme si tout était déjà écrit, l’entreprise familiale avec le même attachement à la qualité, au travail bien fait et au service du client.
Le métier évolue également et Jean-Christophe se spécialise dans la fabrication et la pose de bâches pour camion, chapiteau, toiture… tout en étant néanmoins capable de rénover la sellerie d’une voiture ou la selle d’un cheval !
Et puis un jour, une certaine Marie-France croise le chemin de Jean-Christophe et boum, c’est le début de la continuité. Le couple se marie et quatre enfants naissent de cette union : Marie-Agnès, Marie-Jeanne, François-Daniel et le petit dernier François-Guillaume que la famille a eu l’immense douleur de perdre suite à une maladie rare. Malgré le travail prodigué par ses enfants, Marie-France s’intéresse de plus en plus à la vie de l’entreprise. Jean-Christophe lui apprend, Marie-Thérèse la soutient, Jean l’accompagne et peu à peu, elle y trouve sa place et s’épanouit dans cet environnement. Les enfants ont grandi et Marie-Agnès active les signaux pour reprendre le flambeau. Rien n’est encore fait mais ce serait une grande fierté pour ses parents et signerait l’investissement de la quatrième génération. Rendez-vous dans quelques années !
Le mardi 16 juin dernier en soirée, la famille Diot avait réuni parents, clients, partenaires, amis, ainsi que Pierre Bolze – qui, avec Stéphanie son épouse, en toute discrétion, ont toujours été très présents dans les moments les plus difficiles autour de François-Guillaume – pour partager le verre de l’amitié afin de célébrer les cent ans de l’entreprise. C’est avec beaucoup d’émotion que Marie-France a retracé le parcours de cette vie qui n’a pas toujours été “un long fleuve tranquille” mais qui a réussi à traverser toutes les épreuves avec un extrême courage. Elle a adressé ses très sincères remerciements à toutes celles et tous ceux qui ont participé et participent encore à cette belle réussite.














