L’éducation à la mémoire
Le devoir de mémoire permet de rendre hommage à ceux qui ont combattu pour la liberté et la paix. Les anciens combattants, qu’ils soient de la Première ou de la Seconde Guerre mondiale, ou d’autres conflits plus lointains ou plus récents, ont souvent fait face à des épreuves inimaginables. En honorant leur mémoire, nous reconnaissons leur courage et leur détermination, mais aussi la douleur et les pertes qu’ils ont endurées. Cette reconnaissance est essentielle pour les générations futures, afin qu’elles comprennent l’importance de préserver la paix et de défendre les valeurs de liberté et de démocratie.
Le devoir de mémoire nous incite à réfléchir sur les conséquences des guerres. En se remémorant les événements tragiques qui ont eu lieu à proximité de nos vies, nous prenons conscience de la fragilité de la paix. Les conflits armés, même s’ils peuvent sembler lointains ou relégués à l’histoire, ont des répercussions qui continuent d’affecter des millions de personnes dans le monde aujourd’hui. En se souvenant des atrocités, nous cultivons une sensibilité qui nous pousse à œuvrer pour un monde plus juste et pacifique.
De plus, le devoir de mémoire est un outil éducatif puissant. En transmettant les récits des anciens combattants et en partageant les témoignages des survivants, nous pouvons sensibiliser les jeunes générations aux réalités de la guerre. L’éducation à la mémoire permet de forger des citoyens responsables, conscients des enjeux sociétaux et prêts à défendre les valeurs de paix et de solidarité. Cela devient d’autant plus crucial dans un contexte où les conflits persistent et où les tensions géopolitiques sont toujours présentes.
Le Souvenir Français
L’association mémorielle Le Souvenir Français est née en 1887 alors que la République s’enracine et que la défaite de 1870 reste un souvenir dont on ne parle jamais et dont on se souvient toujours.
Ému par le sort des sépultures des soldats hâtivement implantées à travers les campagnes, c’est un certain François-Xavier Niessen qui a créé cette association. Originaire d’Alsace, ce dernier a dû sentir le vent tourner en s’installant à Neuilly-sur-Seine en qualité de précepteur, quelques années avant la guerre de 1870 qui, rappelons-le, a permis à une partie de la région Alsace-Lorraine de tomber dans le giron allemand.
L’association va jouer un rôle essentiel dans le développement de l’esprit de défense et dans l’enracinement mémoriel de la guerre de 1870. Jusqu’en 1914, elle multiplie les créations de monuments et la participation aux cérémonies. Durant la Première Guerre Mondiale, elle rend hommage à tous les combattants “Morts pour la France” en apposant des cocardes tricolores sur leurs tombes.
Au fil des décennies, l’association a évolué pour répondre aux enjeux contemporains de la mémoire et de la reconnaissance des sacrifices militaires en s’engageant dans plusieurs missions essentielles :
• Entretien des sépultures : elle veille à l’entretien et à la préservation des tombes des soldats français, qu’elles soient situées en France ou à l’étranger.
• Célébration des commémorations : elle organise des cérémonies pour honorer la mémoire des combattants, notamment lors des anniversaires de batailles ou de la fin des conflits.
• Éducation à la mémoire : Le Souvenir Français travaille avec les écoles pour sensibiliser les jeunes générations à l’importance du souvenir et de l’histoire militaire.
• Soutien aux anciens combattants : l’association apporte également un soutien moral et matériel aux anciens combattants et à leurs familles.
• Engagement local et national : Le Souvenir Français est organisé en plusieurs sections locales, ce qui lui permet d’agir à la fois au niveau national et au sein des communautés locales. Chaque section est responsable de l’organisation d’événements et de la gestion des initiatives de mémoire dans sa région.
L’association Le Souvenir Français est donc une association mémorielle ouverte à tous (mineurs et majeurs, toutes nationalités, civils ou anciens combattants) présente partout en France et à l’étranger grâce notamment au réseau consulaire. Il est associé aux grands projets commémoratifs comme la future cinéscénie sur le débarquement de Normandie voulue par le Président de la Région Hervé Morin.
Le comité de Beaune
Créé en 1918 par Auguste Dubois, qui en fut le premier président avant d’être élu maire en 1919, le Comité de Beaune du Souvenir Français s’est fixé trois missions :
• Conserver la mémoire de celles et ceux qui sont morts pour la France ou qui l’ont honorée par de belles actions en France et à l’étranger
• Animer la vie commémorative en participant et en organisant des cérémonies patriotiques qui rassemblent toutes les générations autour de notre histoire commune
• Transmettre le flambeau du souvenir aux générations successives, l’amour de la Patrie et le sens du devoir par la connaissance de l’histoire.
L’association a notamment participé à la conception du Carré Militaire après la 1ère Guerre Mondiale ; elle entretient la mémoire des 234 infirmières et soldats américains décédés au Camp Américain en 1918-1919 ; elle a été consultée pour le projet de construction du Monument aux Morts (sur le boulevard) érigé en 1925 et celui des 18 Indochinois en 1950 (co-financeur). Elle exerce ses missions dans les communes des deux cantons de Beaune adhérentes au Souvenir Français.
En plus de 100 ans, huit personnes ont tenu le poste de président du comité de Beaune, à savoir :
• Auguste Dubois de 1918 à 1941
• Émile Goussery en 1941
• Félix-Hippolyte Cointot de 1942 à 1948
• Ernest Maubert de 1948 à 1951
• Joseph Delissey de 1951 à 1967
• Lieutenant-Colonel Bernard d’Orgeval de 1967 à 1993
• Lieutenant-Colonel Michel Lemor de 1993 à 2004
Depuis 2004, c’est Philippe Lucas, responsable du musée Historial à Beaune qui occupe ce poste.
La quête nationale
Elle permet d’entretenir les sépultures des “Morts pour la France”. Elle a lieu chaque année la semaine qui précède le 1er novembre devant le cimetière de Beaune. Le Comité de Beaune bénéficie d’un partenariat très important avec la Ville de Beaune pour l’entretien du Carré Militaire entièrement rénové cette année.
Le site https://.le-souvenir-francais.fr donne une mine d’informations sur l’association. On peut faire un don ou acheter des goodies via la boutique en ligne. N’hésitez pas à le consulter !
La cérémonie du 1er novembre
Tous les ans, une grande cérémonie a lieu le 1er novembre à 10 heures au cimetière de Beaune avec la présence de reconstituteurs. Intergénérationnelle et multi-époques, elle est ouverte à tous les publics ! Cette année la Musique de la Garde Impériale de Dijon sera présente pour rendre les honneurs au Général de Brigade Jean-Baptiste Voillot né à Beaune en 1766 et mort à Beaune en 1848. Retrouvée par l’archiviste Yvette Darcy, sa tombe et celle de son épouse ont été rénovées par le Comité de Beaune. Alain Pigeard, conférencier, écrivain et ancien Président du Souvenir Napoléonien, fera l’éloge du Général.
Le congrès départemental du Souvenir Français aura lieu cette année le samedi 8 novembre 2025 à Aubigny-la-Ronce et Nolay (renseignements 06 77 13 05 37).
Des bénévoles pour entretenir les tombes
Dans les cimetières communaux, un grand nombre de tombes familiales dans lesquelles sont inhumés des combattants “Mort pour la France” sont entrées en déshérence tant à cause de la suppression des concessions perpétuelles qu’en raison des déplacements géographiques des familles. Signalées à l’abandon, ces tombes sont supprimées et les restes des combattants rejoignent la fosse commune. Sur le territoire national, plusieurs centaines de milliers de stèles et de plaques ont été érigées ou apposées par les associations d’anciens combattants. La disparition progressive de ces associations entraîne l’abandon de ces sites.
Pour palier à ce constat, le Souvenir Français a besoin de bénévoles pour entretenir et fleurir les tombes et les carrés militaires des communes. Il recherche aussi des porte-drapeaux afin d’assurer le service du port d’étendard lors des manifestations patriotiques.